J'AIME BEAUCOUP CE QUE VOUS FAITES

Carole GREEP

 

Éditions ART ET COMÉDIE

3, rue de Marivaux 75002 PARIS

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction réservés pour tous pays

ISBN : 2-84422-398-2

© Editions théâtrales ART ET COMEDIE 2004

 

J'AIME BEAUCOUP CE QUE VOUS FAITES a été créée à Paris, au théâtre le Mélo d'Amélie, le 2 septembre 2003

 

Mise en scène : Xavier Letourneur Décor : Thierry Benoist Musique : Alexis Degay

 

Avec (à la création)

 

Juliette Galoisy Carole Gaëlle Lebert Marie David Talbot Charles Dominique Bastien Pierre

NOTE DE L'AUTEUR

C'est rare qu'une pièce de théâtre puisse faire changer les comportements. Il n'empêche qu'en sortant de J'aime beaucoup ce que vous faites, tout le monde pense à verrouiller son portable. J'aime beaucoup l'idée que les gens puissent s'identifier aux victimes comme aux bourreaux et j'aime l'idée que les victimes puissent devenir des bourreaux et réciproquement. Parce que personne n'est tout blanc, ni tout noir, ni tout gris clair…

 

Carole GREEP

PERSONNAGES

PIERRE

Producteur publicitaire. Ultra-bronzé aux U.V. Look sport chic avec pull noué sur les épaules.

MARIE

Femme de Pierre. Assistante de direction. Deux paires de lunettes sur le front. Trop habillée pour la campagne. Accessoires de mode (ceinture…)

CHARLES

Auteur en devenir. Look cool : jean, teeshirt.

CAROLE

Femme de Charles. Travaille à son compte. Look cool campagne pas très soigné.

(Maison de campagne style vieille bicoque retapée. Le salon et la cuisine américaine sont attenants. Sur le fauteuil du salon, Charles tient un magazine dans ses mains, qu'il retourne dans tous les sens avec l'air de ne pas tout comprendre, puis, ayant trouvé le sens de la photo, il est soulagé.)

CHARLES

C'est quand même fou tout ce qu'on peut faire aujourd'hui avec un vagin.

(Carole arrive. Elle est occupée à ranger les magazines qui traînent, avec un art et un ordre que seule elle doit comprendre. Elle fait une pile de magazines, puis la bouscule. Elle dérange savamment un bouquet de fleurs. Charles la regarde faire en soupirant.)

CHARLES

T'as pas l'impression de vivre dans la double page centrale d'un "Marie Claire Déco" ?

CAROLE

Non.

CHARLES

On vit dans un magazine de décoration ! Il ne manque plus que la légende en bas à droite.

CAROLE

C'est le style à la mode : bohème, version rangé-dérangé… tu vois, un petit côté brouillon, laisseraller, mais parfaitement calculé ! Chaleureux, quoi !

CHARLES

Ce qui m'épate, c'est que tu t'appliques très consciencieusement à foutre le bordel ! En gros, tu mets des heures à faire ce que je peux faire en cinq minutes ! Et ton bordel, il est tellement calculé qu'on ne peut plus y toucher ! La cuisine, on dirait une nature morte de Chardin. J'ose même plus bouffer un yaourt parce que ça n'irait pas dans le tableau ! Sans compter que ça n'existait pas à l'époque de Chardin les Danone Kid double saveur.

CAROLE

Hé ! ho ! T'as qu'à aller vivre dans une boutique Esso sur le bord de l'autoroute, si t'es pas content !

CHARLES

Non, mais, tu vois, je trouve que ça nous ressemble de moins en moins ici. Ça manque de naturel… Tu sais quoi ? Ça ressemble de plus en plus à l'idée qu'on voudrait que les autres se fassent de nous : des gens qui gagnent de plus en plus d'argent et qui veulent en mettre plein la vue. Il manque plus que la pile de DVD, l'appareil numérique… et on est foutus !

CAROLE

Oh non, on n'est pas encore foutus, je compte sur toi… Parce que d'ici à ce que tu publies quoi que ce soit et qu'on soit pétés de blé avec ta littérature, y a encore de la marge, je peux encore en acheter des appareils photo jetables ! (Elle ramasse un slip et une chaussette qu'elle brandit.) Et puis je te rassure aussi : les slips et les chaussettes sales qui traînent, j'en ai encore jamais vu dans les "Marie Claire Déco". Et puis t'oublies que Pierre et Marie viennent passer le week-end ici. Je voudrais les recevoir dans une jolie maison, propre, alors laisse-moi encore ma journée de déco et puis lundi, je te promets, je vomis partout…

(Elle va côté cuisine préparer le dîner tandis que Charles se met à son bureau, devant son ordinateur, et commence à taper.)

CHARLES

Ils sont en retard, non ?

CAROLE

Pierre m'a appelée quand ils partaient de Paris. Mais c'est vrai que là, ça fait bien deux heures… Peut-être qu'ils se sont arrêtés. Ce soir, en entrée, je fais du foie gras sur des toasts, et puis après ma sole à la poire en gelée.

CHARLES

Ah non ! Pas la sole à la poire en gelée, c'est pas bon, je t'en supplie !

CAROLE

Eh bien, alors mon rôti de porc au miel.

CHARLES

D'accord pour la sole à la poire en gelée.

CAROLE

Merci, c'est agréable. Bon, O.K., je ne suis pas une super cuisinière, mais avoue que j'y mets beaucoup de bonne volonté, quand même…

CHARLES

C'est vrai, malheureusement, ça ne se mange pas la bonne volonté. (La charriant.) Non, franchement, c'est tout à fait acceptable ce que tu fais à manger, parfois même c'est pas mauvais… Tu te rappelles la fois où tu as fait une tarte à… à rien ?!

CAROLE

J'avais oublié de mettre la garniture ! Ça peut arriver à tout le monde !

CHARLES

Papa en avait repris deux fois !

CAROLE

Il est poli, quand même, ton père. Et puis, il aime bien la pâte…

CHARLES

S'il ne s'était pas étouffé, je te jure qu'il en aurait repris une troisième fois…

CAROLE

Une nuit aux urgences, ça n'a jamais fait mourir personne ! Ce soir, je te promets, je vais vous épater ! J'ai vérifié, il ne manque pas de pages dans le livre de recettes, c'est écrit gros, en attaché, en français, je n'ai aucune raison de ne pas y arriver.

(Carole essaie de faire fonctionner le grille-pain tandis que Charles lit à voix haute de façon inspirée une phrase qu'il vient d'écrire.)

CHARLES

Valérie, je mange un rôti de porc, je pense à toi…

CAROLE

Eh bien, elle est peut-être nulle, mais elle t'inspire, ma cuisine ! Dis donc, j'espère que ça n'est pas autobiographique et que si c'est autobiographique, t'as une maîtresse parce que moi, j'aurais préféré : "Je mange un émincé de volaille, je pense à toi."

CHARLES

Non, c'est un roman et pas autobiographique… Si ça l'avait été, j'aurais écrit : "Mon amour, je farcis une dinde, je pense à toi !"

CAROLE

Fini les métaphores, je sens que je commence à être susceptible, là… En tout cas, si ton roman ne marche pas, tu peux toujours écrire un livre de recettes ! Dis-moi, c'est quoi l'histoire de ton chef-d'œuvre ?

CHARLES

Ben, c'est l'histoire d'une femme… mais j'suis pas encore calé là-dessus.

CAROLE

Ah ouais, d'accord… (Pour elle.) Heureusement que je bosse, moi.

CHARLES

Mais j'ai déjà le titre.

CAROLE

Ah bon ? C'est quoi ?

CHARLES

"Prix Goncourt". Ben ouais, comme ça au moins les gens pourront dire : "Tiens, c'est celui qui a écrit le "Prix Goncourt"", c'est toujours ça de pris.

CAROLE

Faut que ça marche, faut que ça marche, tu vas y arriver, je le sens… Ton premier roman est génial, il va bientôt être signé, je le sens.

CHARLES

Ben tu sais, Pierre m'a dit qu'il m'avait recommandé auprès d'une amie éditrice qui doit me rappeler ce week-end pour me donner une réponse ferme, et ça m'a l'air bien parti.

CAROLE

Il est quand même génial Pierre, il n'était pas obligé… Ce type croit en toi, c'est ton ami, il faut que tu te serves de lui dans le bon sens ; tu écris des scénarios, profites-en.

CHARLES

Je sais que je devrais en profiter, mais j'ai l'impression que lui demander des tuyaux, des services, ça va pourrir nos relations. J'ai pas envie d'être redevable de quoi que ce soit, et puis c'est à sens unique, il ne peut rien me demander…

CAROLE

Tu rigoles ! On vit dans l'époque du "copinage plus plus". C'est plus le talent qui marche, mais les relations et le vedettariat. Alors vas-y, fonce !

CHARLES

Il produit des pubs, pour l'instant. Le long-métrage, c'est encore autre chose. Et puis je lui ai donné mon scénario préféré la dernière fois, je ne sais même pas s'il l'a lu !

CAROLE

Demande-lui.

CHARLES

J'ose pas, faut que ça vienne de lui.

CAROLE

Eh ben, on n'est pas arrivé ! Tiens, fais-moi penser à débrancher le répondeur.

CHARLES

Non, surtout pas.

CAROLE

(fait griller des tartines)

Ben si ! On le laisse tout le temps, c'est chiant, on vit en différé. On ne prend aucun appel, on est obligé de rappeler tout le monde, on perd un temps fou. Et puis si elle appelle, l'éditrice, il faudra lui répondre, tu sais…

CHARLES

Non, je veux que tu le laisses. Parce que si elle m'annonce une mauvaise nouvelle, il y aura plus de distance entre mon oreille et sa voix, j'ai l'impression que ça me fera moins mal… J'sais pas, c'est psychologique…

CAROLE

Et puis si c'est une bonne nouvelle ?

CHARLES

Eh bien, je pourrai te serrer dans mes bras pour fêter ça… C'est le kit "mains libres". (Il la serre dans ses bras.)

CAROLE

Bon, d'accord.

(Les tartines brûlent, le grille-pain fume et Carole remplit un verre d'eau qu'elle jette sur le grille-pain pour l'éteindre.)

CHARLES

La résistance, putain ! La résistance !

CAROLE

Tu ne m'avais pas dit que tu écrivais sur Jean Moulin…

CHARLES

La résistance du grille-pain, patate ! Tu viens de griller la résistance et bousiller le grille-pain ! Ah ça, les femmes, pour ça vous n'êtes pas douées !

Faut dire qu'avec dans le cerveau un hémisphère "chaussures" et un hémisphère "soldes", c'était pas gagné…

CAROLE

D'abord, pas "patate" et ensuite, vous avec votre hémisphère "foot" et l'autre "j'en branle pas une", c'est pas mieux !… Si j'avais su que tu t'étais lié à ce point avec ce grille-pain, j'aurais fait plus attention… Alors, voilà, j'avais prévu de faire des toasts pour ce soir… du foie gras sur des toasts… Oh, mince, c'est dommage, enfin…

CHARLES

Bon, il faut absolument que je répare ce grille-pain, parce qu'en cuisine, je compte beaucoup sur ce que tu ne fais pas toi-même, genre le pain et le foie gras, l'eau, les serviettes en papier, tout ça…

(Ils regardent la bête, assis tous les deux sur le canapé. Le téléphone sonne et le répondeur se met en route à la première sonnerie. On entend le déroulé du message : "Bonjour, vous êtes bien chez Carole et Charles, nous ne sommes pas là, peut-être dans le jardin, merci de laisser un message", puis le bip. Carole et Charles sont très attentifs au cas où ce serait l'éditrice. Si le plateau est grand, on peut imaginer qu'il soit partagé pour voir Pierre et Marie dans leur voiture et simultanément observer les réactions de Charles et Carole qui entendent tout en direct. Pierre et Marie sont en voiture.)

PIERRE

Bon, il y a marqué quoi sur la carte ? C'est quoi le nom du village ?

MARIE

(déchiffrant la carte)

Mi… che… lin, on vient de passer à Michelin, c'est ça ! On est à Michelin !

PIERRE

Non, on n'est pas à Michelin, tu es tout simplement sur la couverture et plus sur la carte ! Et d'ailleurs tu pourras remarquer que c'est tout vert et qu'il y a un Bibendum et ça ne veut pas dire qu'on passe dans une forêt où vit un géant ! Donne-moi cette carte ! Putain, les femmes, c'est une vérité, vous ne savez pas vous projeter en 3D.

MARIE

Parce que toi, tu sais te projeter dans la troisième dimension peut-être ? Parce que toi, tu sais te projeter dans la troisième dimension peut-être ! Ah ben ça doit être joli à voir… Pff… Tu me préviendras le jour du décollage !

(Pendant ce début de conversation téléphonique, Carole s'est rapprochée du répondeur, a augmenté le volume.)

CAROLE

Mais c'est Pierre ! Ça m'est déjà arrivé : il a mal verrouillé son clavier de portable. Il a dû appuyer sur une touche qui recompose le dernier numéro qu'il a fait et voilà, il nous a appelés sans le savoir, il ne sait pas qu'on entend.

CHARLES

(amusé de la situation mais un petit peu gêné, il commente la situation comme un gosse)

Délicat. Ah, ça c'est fort quand même ! En plus… Aïe ! aïe ! aïe ! Ils s'engueulent… Oh non ! Ils se sont perdus pour venir chez nous ! Oh, les cons !… Il faut couper ça, c'est pas bien, c'est mal. C'est très très gênant. Drôle. Mais gênant. Mais drôle. Mais gênant… Mais drôle.

CAROLE

Oh oui, c'est drôle ! Déjà, je pensais que c'était le couple idéal, j'vois bien qu'ils s'engueulent comme tout le monde.

(Pendant toute la scène, Charles et Carole sont assis sur le canapé à écouter leurs amis. Curieux, ils se rapprochent du répondeur pour entendre. Au début, ils sont assez excités et amusés de la situation. Marie et Pierre sont en voiture.)

MARIE

Oui, eh bien je te signale que c'est pas évident parce que c'est tout petit, les chemins sont tout petits, alors…

PIERRE

Evidemment que c'est tout petit ! On n'a jamais fait de cartes grandeur nature ! La carte grandeur nature, on est en train de rouler dessus, je te signale. Ça s'appelle la Terre.

MARIE

Oh, ça va, monsieur "plus-intelligent-quetout-le-monde" !

PIERRE

Bon, en tout cas, on est paumés. Et puis c'est pas possible qu'il n'y ait pas âme qui vive dans ce patelin… Remarque si, quand tu vois la laideur du truc… Et puis alors c'est pas ici qu'ils ont inventé le beau temps, ça c'est sûr… Et le plan que Charles nous a fait sur une serviette, au resto, il est où ?

MARIE

Je me suis mouchée dedans. Oui, eh bien il n'y avait plus de Kleenex, je n'ai pas fait attention…

PIERRE

Bon, eh bien file-le quand même !

MARIE

Oh non…

PIERRE

Ça fait cinq ans qu'on est ensemble, tu ne vas pas me la jouer pudique. De la morve, c'est de la morve ! Allez, file !

MARIE

Oui, peut-être, mais pas au sein d'un couple… Jamais ! Plutôt crever ! Je ne me suis pas enquiquinée pendant cinq ans à préserver mon couple en portant des porte-jarretelles tous les jours, en faisant attention à ne jamais laisser traîner un Tampax, en allant aux toilettes rarement et hyper-discrètement voire à me faire des occlusions intestinales, pour que tout foire à cause d'une glaire ! De toute façon, je l'ai jeté, alors… Et puis, ça ressemble à un acte manqué, parce que tout simplement, je n'ai pas envie d'y aller. J'n'ai pas envie d'y aller, j'n'ai pas envie d'y aller !

(La mine de Charles et Carole commence à être moins détendue. Ils finissent à la fin de la scène complètement dépités.)

CHARLES

Drôle. Mais gênant… Mais vraiment gênant.

PIERRE

Et moi donc ! Tu crois que ça m'enchante de faire ma B.A. de l'année ? Non, ça me gave même. Ça fait quoi, trois, quatre mois qu'ils nous bassinent pour qu'on vienne. Voilà, c'est fait ! Enfin, presque. Je rate un golf avec Paul, crois-moi que ça me coûte !

MARIE

Et moi, je devais aller me faire décoller les racines, c'est foutu !

PIERRE

Attends, tu te les feras décoller un autre jour ! De toute façon, dans ce trou à rat, que tu aies les racines décollées ou pas, tu seras toujours la plus belle… il n'y a pas de mal !

MARIE

Oh ! amour, bijou, joujou, hibou, pou…

PIERRE

Non, mais quelle idée d'aller s'enterrer dans un trou pareil alors qu'on n'est même pas mort…

MARIE

Tu vois, ça ne m'étonne pas ce que tu dis. Carole, elle change, je trouve. Elle ne s'habille plus, elle ne se maquille plus, elle ne met plus de marques, elle ne vient plus faire les soldes. On n'a plus beaucoup de sujets de conversation. Elle se néglige, tout bonnement.

CAROLE

Négligée mon cul, ouais !

PIERRE

Il fut un temps où vous étiez copines comme cochonnes !

(Carole est affalée sur le canapé pour écouter, dans une position très masculine, qu'elle ajuste subtilement en entendant les commentaires.)

MARIE

Charles, c'était ton meilleur ami, alors par la force des choses, j'étais amie avec sa copine, j'ai eu une éducation, tu sais. Quand on faisait de la danse ensemble, c'était drôle. Tu l'aurais vue… Autant apprendre à un veau à danser. Aucune grâce, aucune élégance… Et puis alors, la cuisine… hein ? (Ils rient.) Non, mais hein ?

PIERRE

Ah ouais…

MARIE

Ah, tu vois… Pff… je rigole trop…

CAROLE

Tu vas voir, tu vas pas rire longtemps, toi !

MARIE

Non, mais c'est dégueulasse ce qu'elle fait à manger ! Qu'est-ce qu'on mange mal… Pour une femme, ne pas savoir cuisiner et recevoir, aujourd'hui en 2003, moi ça me gêne… Et puis alors, je ne sais pas pourquoi elle s'est mis dans la tête de nous faire du foie gras avec des toasts, certainement parce que c'est pas elle qui le fait… En tout cas, bing ! tu peux être sûr, Noël, pas Noël, qu'à chaque fois on y a droit…

PIERRE

Si elle n'invente pas une recette, on peut dire qu'on a de la chance.

MARIE

Du foie gras, je veux bien, mais du bon…

CHARLES

Mais, euh… arrêtez !

PIERRE

(toujours en voiture)

Moi, je te parie que je vais devoir me taper son dernier roman, ou son dernier scénar à lire… Déjà j'ai pas lu l'autre, là, le scénar de sa vie qu'il m'a donné à lire la dernière fois, j'ai jamais pu passer la troisième page, j'm'endors systématiquement à la fin de la deuxième… Ceci dit, si t'es insomniaque, c'est plutôt pratique ! Et puis, c'est pas fluide, je bute à chaque mot, il y a à peu près une faute par mot, voire une faute par lettre… alors… Non, tu vois, au niveau littérature, il y a la plaque… (Il désigne un endroit fictif avec ses mains.) Eh bien lui, il est juste là, à côté. Remarque, c'est de ma faute aussi. Son premier roman, je l'ai donné à une copine éditrice sans le lire. Tu me diras, elle ne l'a pas lu non plus, elle m'a promis de l'appeler ce week-end pour lui dire non !